Commissaires d'exposition :
Lucie Cabanes, Maurice Corbet, Elodie Kohler

 

Avec Alice Anderson, Stéphane Aubier, Walerian Borowczyk, Carole Brandon, Robert Breer, Sophie Calle, Patricia Cartereau, Émile Cohl, Christine Crozat, Baptiste Debombourg, Luc Deleu, Raphaël Denis, Gerrit van Dijk, Marcel Duchamp, Maïder Fortuné, Paul Grimault, Andreas Hykade, Patrick Jean, William Kentridge, Frédéric Malette, Norman McLaren, Grant Munro, Melik Ohanian, Vincent Patar, Laurent Pernot, Jacques Prévert, Brice Postma Uzel, Monique Renault, Georges Schwizgebel, Jan Švankmajer, Nicolaï Troshinsky, Wilson Trouvé, Run Wrake.

 

 

Jeux de mots, de rôle, traits d'esprits et d'humour, jouer la comédie, endosser un costume ou juste une casquette, rentrer dans un moule, relever des défis, appliquer des règles, les énoncer puis tricher...autant d'actes, de comportements d'adultes issus du monde de l'enfance où le jeu permet d'étudier, d'apprendre le langage, de se confronter au groupe, de grandir dans notre  société, d'en apprendre les codes et usages.

 
On joue à grandir, on fait semblant. Plus tard on sera princesse, pompier ou super-héros pour devenir au final M. Tout le monde. Le jeu incarne le plaisir du travestissement, de la transformation, de la surprise ; le jeu permet de réaliser ce qui ne fonctionne pas ou ne se réalise pas dans la vie ; le jeu permet de créer ou reconstruire un monde fantasmé où le rêve peut côtoyer la vengeance.

Le jeu, tout comme l'enfance, est porteur d'innocence, ce qui s'y passe n'est pas grave. On ne meurt pas, on se relève. Un pouvoir magique est inhérent à cet état, à cette parenthèse dans laquelle le jeu se développe.

L'artiste est par définition un joueur. Il créé, dans l'espace de son oeuvre, un monde en fiction inspiré plus ou moins d'une réalité. Ce monde en miniature est révélateur d'une envie, d'une idée, de nouvelles règles.

En se penchant plus longuement sur l'idée du jeu et de ses liens avec l'enfance, artistes plasticiens, cinéastes d'animation et autres créateurs détournent les figures emblématiques, les supports fétiches, les stratégies, les codes et les règles. Ces artistes recréent un jeu pouvant être monstrueusement drôle, effrayant et séduisant où rien n'est laissé au hasard. Minnie, nouvelle muse, rencontre Mickey, Apollon du 21° siècle, pour rentrer au service d'une Alice perdue au pays des psychopathes et des joujous. Le doudou se fait déchet et rapiécé à l'image d'une enfance tombée en miettes, à demi zombie errant dans un monde parallèle où petits monstres grimaçants et pixellisés se faufilent dans des livres d'images. Découpage, coloriage, emboitement au service d'une iconographie populaire détournée, les artistes se jouent des codes plastiques et de ses interprétations.

Le monde du jeu symbole de mode, de conformisme social, d'adaptation à un groupe, d'une industrie prenant une place prédominante à Noël, est ici revisité par les artistes. Cette exposition présente un joyeux monde en couleurs, où les sourires innocents se fracturent parfois en grimaces inquiétantes. Derrière le masque sourde l'inquiétude de la réalité, derrière l'enfance, la peur de grandir. On se joue ici de vous et de vos interprétations.

Méfiez vous des apparences, cette exposition n'est pas particulièrement destinée aux enfants, selon les règles définies on y joue un peu de sa vie ou à défaut un peu de ses envies.

 

 

http://www.musees.agglo-annecy.fr

http://www.patriciadorfmann.com
 

catalogue de l'exposition