Czech Radio
12/08/2011

Chléb a sůl : onze artistes à découvrir aux Karlin Studios 

 

Les Karlin Studios, grand espace d’exposition et d’art contemporain, accueille jusqu’au 11 septembre une exposition d’une dizaine d’artistes d’horizons différents. Intitulée Chléb a sůl, elle a été montée par l’artiste française Amande In en collaboration avec Michal Novotný.

 

Dans cette émission, nous vous proposons deux entretiens, celui de l’artistes français Baptiste Debombourg et celui d’Amande In, artiste elle-même mais qui est aussi à l’origine de cette exposition Chleb a sůl. Elle nous rappelle quelques uns des artistes exposés :

 

« C’est une exposition de groupes qui rassemble onze artistes. On ne va peut- être pas faire toute la liste, mais à titre d’exemple, on a Peter Fitzpatrick ou Anja Loughhead d’Australie, mais aussi, Jean-Luc Vilmouth, Edouard Boyer, Baptiste Debombourg et Didier Courbot pour la France. Nous exposons aussi le travail d’un Italien, Antonio Rovaldi et d’Ivars Graveljs qui vient de Riga. »

 

« L’exposition s’appelle Chléb a sůl, le pain et le sel. A l’origine, c’est une tradition pour accueillir les hôtes qui viennent vous rendre visite. On a utilisé cette expression pour deux raisons : c’était d’une part une façon d’inviter les visiteurs, de les recevoir, mais aussi parce que le pain et le sel nous semblaient être des denrées de première nécessité. »

 

Le pain et le sel sont également des denrées très brutes…

 

« Oui, très simples, très basiques. C’était une belle façon d’inviter les visiteurs et d’introduire le sujet de l’exposition qui à l’origine prend sa source dans l’espace où nous nous trouvons. Il s’agit des Karlin Studios, qui jusqu’en 2005 étaient une usine de fabrication de moteurs. Celle-ci a été transformée ensuite à l’initiative de la galerie Futura en espace d’exposition à but non lucratif. » 

 

On continue cette émission avec Baptiste Debombourg, un des artistes présentés au Karlin Studios jusqu’au 11 septembre :

 

« Je m’appelle Baptiste Debombourg, je vis et travaille à Paris. Je présente dans le cadre de l’exposition Chleb a sůl une œuvre en agrafes. Cette œuvre est intitulée Aggravure 3. »

  

Si ça fait partie d’une série, cela signifie qu’il y en a encore d’autres…

 

 « Oui, il y en a d’autres que j’ai à chaque fois réalisés dans un contexte précis. La pièce est à chaque fois conçue exclusivement pour le lieu dans lequel elle existe par la suite. »

 

C’est une œuvre in situ ?

 

 « Moi je me parle plutôt de contexte, car ‘in situ’ est plutôt un terme qui se rapproche assez du travail de Buren. Dans un travail contextuel, il y a l’idée de travailler dans le contexte de la vie qu’il y a dans l’espace du lieu et pas seulement l’architecture. »

 

Comment présenter cette fresque à l’oral, sans les images ? On arrive au Karlin Studios, et dans l’espace de l’exposition, tout au fond on voit sur le mur une fresque qui rappelle évidemment des fresques italiennes, sauf qu’elle est réalisée de manière assez particulière…

 

« Quand on arrive, il y a une grande perspective dans l’espace, on ne se rend pas compte de quelle manière elle est réalisée. C’est quelque chose de très baroque, qui rappelle le travail des graveurs maniéristes, avec des personnages monumentaux et qui semblent en suspension dans l’air. Au fur et à mesure qu’on s’approche de la pièce, on se rend compte qu’elle est faite à partir d’agrafes. Toute la fresque est composée d’environ 400 000 agrafes réunies qui forment, dans le traitement, les ombres et les lumières et forment les personnages. »

 

Cela permet de jouer avec la lumière qui rentre dans cet espace par les grandes fenêtres en hauteur…

 

« L’idée, par rapport au thème développe dans l’exposition, c’est aussi d’utiliser des matériaux assez pauvres. Le titre de l’exposition, Pain et sel, rappelle comment les artistes utilisent parfois des matériaux très pauvres en trouvant une manière de s’amuser. Amande In m’avait invité il y a environ un an à réfléchir sur un travail qui pourrait s’inscrire dans une exposition de façon très spécifique. En écho à ma recherche sur l’architecture et à ce qui existait sous le communisme avec les statues monumentales, j’ai décidé de travailler dans cet esprit autour de quelque chose qui puisse fonctionner dans l’espace. Je m’intéresse aussi beaucoup aux images d’hommes body-buildés, aux BD, à ces clichés de l’homme très musclé… »

 

Ce qu’on retrouve dans les statues communistes d’ailleurs, avec ce côté monumental, costaud, énorme. Est-ce que vous avez pu voir des statues similaires ici en République tchèque ?

 

« Je n’ai pas eu trop le temps. Mais j’ai beaucoup voyagé en Europe de l’Est et dans les Balkans. J’ai déjà eu le loisir de découvrir ces monuments, souvent laissés à l’abandon, parce que c’est une histoire douloureuse. Et ici, dans l’exposition, c’était une façon de rejouer l’histoire, d’une autre façon… »

 

Anna Kubišta

 

 

http://www.radio.cz

 

http://www.futuraproject.cz

 

 

 

 

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