Au départ sculpteur, Baptiste Debombourg pratique et entremêle l’installation, l’oeuvre in situ et la performance. Debombourg retourne les conventions des  genres qu’il pratique,  il fait graviter l’environnement ou le site de ses installations autour de ses oeuvres et non l’inverse. On est chaque fois convié à un renversement  de sens de type fond-forme, extérieur-intérieur, vide et plein qui par métaphore incite à chercher le sens à partir d’un non-sens. Dans un geste tragiquement  humaniste, il a récemment «explosé» tout  un ensemble de mobilier banal : des chaises, une table, des étagères, qu’il a ensuite «à peu près recollées» et exposées avec leurs «cicatrices». Travaillant depuis peu avec des restes de vitrines en verre feuilleté, il envisage de présenter un abri-bus après en avoir une fois de plus «explosé»  puis reconstitué grossièrement les parois de verre, de sorte que  c’est encore à une nouvelle tragédie humaine qu’on pense. 
 

Ce qui fait qu’incidemment, par comparaison avec des engagements de Pierre Restany, on s’attache davantage à une morale du geste créatif qu’à l’oeuvre. Ce faisant, il sait agir dans des perspectives toujours  polémiques.  Baptiste Debombourg semble vouloir contemporanéiser presque définitivement la thématique des «Attitudes devenant formes» également chère aux tenants d’un art onthologique.

 

 

Alain Bouaziz 2007


 

 

Alain Bouaziz est écrivain, il est édité en France par l'Harmattan

 

Aponia, Lieu d’Art Contemporain

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